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Jacques VI (James VI),
roi d'Angleterre d'Ecosse et d'Irlande

1566 - 1625

Jacques VI, roi de Grande-Bretagne - Gravure  de Nicolas Clerck reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur

Jacobus VI, par la grâce de Dieu, roi de la Grande-Bretagne, d'Ecosse
et d'Irlande

Ce qu'en dit Wikipedia :

Jacques Stuart (né le 19 juin 1566 au château d'Édimbourg et mort le 27 mars 1625 à Theobalds House) est roi d'Écosse sous le nom de Jacques VI (Seumas VI Stiùbhairt en gaélique écossais) à partir du 24 juillet 1567, ainsi que roi d'Angleterre et d'Irlande sous le nom de Jacques Ier (James Ier Stuart en anglais) à partir du 24 mars 1603 (3 avril dans le calendrier grégorien). Jacques Stuart règne jusqu'à sa mort en union personnelle sur les trois royaumes, qui conservent néanmoins leur indépendance et leurs institutions propres.

Suite sur Wikipédia


Gravure provenant d'un recueil de 88 gravures
de Nicolas de Clerck (actif entre 1614 et 1625)

(collection personnelle)

Texte ci-dessous extrait de la Biographie universelle des hommes qui se sont fait un nom de F.X. Feller - 1860

JACQUES VI, roi d’Ecosse, dit Ier, depuis qu'il fut roi d’Angleterre et d’Irlande, était fils de Henri Stuart et de l’infortunée Marie Stuart. Celte reine était enceinte de cinq mois, lorsque son conseiller Rizzio fut poignardé à ses yeux. La vue des épées nues et sanglantes fit sur elle une impression, qui passa jusqu’à l’enfant qu’elle portait. Jacques 1er, qui naquit quatre mois après cette funeste aventure, en 1566, trembla toute sa vie à la vue d’une épée nue, quelque effort que fit son esprit pour surmonter cette déposition de ses organes (preuve de fait, entre mille autres, contre les physiciens qui nient l’influence de l’imagination des mères sur les enfants qu’elles portent). Après la mort d’Elisabeth, qui l'avait nommé son successeur,
il monta sur le trône en 1608, et régna sur l’Ecosse, L'Angleterre et l’Irlande. Ce prince, fils d’une mère si catholique, signala son avènement à la couronne par un édit qui ordonnait à tous les prêtres catholiques, sous peine de mort, de sortir d’Angleterre. Ceux qui les recélaient étaient également mis à mort, comme criminels de lèse-majesté. On n’entendait parler que d'exécutions, et le sang des seigneurs catholiques coulait tous les jours sur les échafauds, dans presque toutes les villes des trois royaumes. Quelques furieux résolurent en 1605 de finir ce carnage, en exterminant d’un seul coup le roi, la famille royale, et tous les pairs du royaume. Ils résolurent de mettre 36 tonneaux de poudre sous la chambre où le roi devait haranguer le Parlement. Tout était prêt ; on n’attendait que le jour de l’assemblée pour exécuter ce forfait. Une lettre anonyme, qu’un des conjurés écrivit à un de ses amis pour le détourner de l’assemblée, fit soupçonner la conspiration. On visita tous les souterrains, et l’on trouva à l’entrée de la cave qui était au-dessous de la chambre, un artificier habile, qui, peu d'heures après, devait faire jouer la mine et anéantir le Parlement. La crainte arracha tout le secret de la conspiration à ce malheureux. Quelques-uns des conjurés furent tués en se détendant ; plusieurs sortirent du royaume ; huit furent pris et exécutés. (Voyez Garnet et Oldecorn.) « Quelques écrivains (dit Ladvocat, Dictionnaire historique,) ont accusé les Jésuites d’avoir eu part à cette conjuration ; mais M. Antoine Le Fèvre de La Boderie, dans ce temps-là ambassadeur de France en Angleterre, et depuis beau-père de M. Arnauld d’Andilly, les justifie pleinement de cette accusation dans ses Négociations (imprimées en 1749.) » Plusieurs auteurs ont écrit que celte conspiration avait été imaginée par le ministre Cécil, et qu’il en fit lui-même proposer artificieusement le plan par des personnes de confiance à des catholiques, qu’il savait être au désespoir des cruautés qu’on exerçait contre eux. M. Higgons, dans son Coup-d’œil sur l'histoire d'Angleterre (édition de La Haye, 1727, page 252 ), en parle dans ces termes :

« Quelques-uns assurent que ce complot fut formé à coups de marteau dans les forges de Cécil, qui l’avait d’abord préparé pour le règne d'Elisabeth ; mais qui, prévenu par la mort de cette princesse, résolut de le mettre en œuvre sous le règne de Jacques Ier, dans le dessein de soulever à un tel point la nation contre les catholiques, qu'elle les chassât tous, et qu’il pût ensuite s’emparer de leurs biens ; que, pour y réussir, il se servit de ses émissaires secrets, qui engagèrent quelques têtes chaudes à entreprendre vivement cette affaire, sans qu'ils sussent que le plan du complot venait de lui en droiture. Mais je veux bien que cela ne soit pas certain : toujours est-il indubitable que la cour de Londres fut informée de cette trahison par la voie de France et d’Italie, longtemps avant la prétendue découverte, et que Cécil, qui savait toute l'affaire, fut celui qui fabriqua cette lettre à milord Montaigle, pour faire paraître quelque chose de merveilleux dans cette découverte, et donner lieu au roi d'admirer ses talents. »

M. Challoner, évêque de Dibra, vicaire apostolique à Londres, dans des Mémoires imprimes à Londres en 1741, et l'auteur de la Grammaire politique, parlent de la même manière de cette conjuration. La terreur que Jacques répandit parmi les catholiques ne le fit pas respecter des presbytériens ni des anglicans, moins encore des nations étrangères. Son règne fut méprisé au dehors et au dedans. Étant à la tête du parti protestant en Europe, il ne le soutint pas contre les catholiques dans la grande crise de la guerre de Bohême. Jacques abandonna son gendre l’électeur palatin ; négociant quand il fallait combattre, trompé à la fois par la cour de Vienne et par celle de Madrid ; envoyant toujours de célèbres ambassades, et n’ayant jamais d'alliés. Son peu de crédit chez les nations étrangères contribua beaucoup à le priver de celui qu’il devait avoir chez lui. Son autorité en Angleterre éprouva un grand échec, par le creuset où il la mit lui-même, en voulant lui donner trop de poids et trop d’éclat. Il ne cessait de dire à son Parlement, que « Dieu l’avait fait maître absolu, que tous leurs privilèges n’étaient que des concessions de la bonté des rois. » Par là, il excitait les Parlements à examiner les bornes de l’autorité royale et l’étendue des droits de la nation.

Ce fut dans le Parlement de 1621 que se formèrent les deux partis, si connus, l’un sous le nom de Torys pour le roi, l’autre sous le nom de Wighs pour le peuple. L’éloquence pédantesque du roi ne servit qu’à lui attirer des critiques sévères. On ne rendit pas à son érudition toute la justice qu’il croyait mériter. Henri IV ne l’appelait jamais que Maître Jacques, et ses sujets ne lui donnaient pas des titres plus flatteurs. Ce qui les indisposa surtout contre lui, ce tut son abandonnement à ses favoris. Un écossais, nommé Carr, le gouverna absolument, et depuis il quitta ce favori pour Georges de Villiers, connu sous le nom de duc de Buckingham, comme une femme abandonne un amant pour un autre.

Il mourut le 27 mars 1625, à 50 ans, après 22 ans de règne, avec la réputation d’un prince plus indolent que pacifique, d’un roi pédant et d’un politique mal habile. On aurait dit qu’il n’était que passager du vaisseau dont il était ou devait être le pilote.

« Jacques 1er, dit un historien, prince à petites idées, et qui croyait s’agrandir en sortant de sa sphère, rendit une ordonnance, pour autoriser les danses et les jeux, qui servaient de délassement au peuple les jours de fêtes. Il fut rigoureusement enjoint aux évêques et aux magistrats de tenir la main à l’exécution, comme à une chose de première importance. Aussi le roi alléguait-il deux raisons de premier ordre, savoir : la crainte de rendre les protestants stupides, et l’espérance d’attirer à eux les papistes. Vues merveilleuses pour les progrès du pur Évangile ! Quoi de plus beau que d'y attirer les hommes, en les faisant danser sous l’attache de la religion ! »

On reconnaît dans cette conduite de Jacques celle de tous les, oppresseurs de la religion, de la liberté et des lois, celle des tyrans de Rome et de la Grèce : les fêtes et les jeux étaient toujours appelés au secours de la violence, pour distraire et étourdir la multitude, pour l’aveugler sur les maux publics. Jacques est le premier qui ait pris le titre de roi de la Grande-Bretagne.

On ne peut lire sans indignation la patience avec laquelle il souffrit l’insolence de Buchanan, qui osa lui dédier un livre où cet auteur soumet les rois au jugement de leurs sujets, et à des peines dont la plus sévère n’est pas la déposition. Ce que cet historien mercenaire écrit faussement touchant Marie Stuart, devait trouver dans le cœur d’un fils un peu plus de vivacité contre le calomniateur d’une mère. On a de lui quelques ouvrages de controverse, intitulés bizarrement et écrits de même : Le triple coin pour le triple nœud ; Tortura torti : celui-ci est contre Bellarmin, qui, dans un de ses ouvrages avait pris le titre de Matthœus tortus ; le Basilicodoron, ou Don royal, son principal ouvrage. Il a été traduit par Jean Holman de Villiers, Paris, 1603, in-8 ; La vraie loi des monarchies libres ; des Discours au Parlement. Ses ouvrages prouvent que son génie était un peu au-dessus du médiocre : sans être un auteur méprisable, ce n’était point un homme sublime. Il commenta aussi l'Apocalypse, et voulut prouver que le Pape est l'antéchrist. Ses ennuyeuses productions, écrites en anglais, furent recueillies à Londres en 1616, in-folio, et publiées en latin en 1619, par Jacques de Montaigu »

Les commentaires ne sont que ceux de l'auteur de cette biographie de 1860.

 

 

 

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